31 août 2006

III New Born

Un peu de nouveau ce matin :
J'ai reçu plusieurs mails.

J'ai contacté Antoine, l'endive la plus frenchy de Londres. Il m'a répondu, et nous nous verrons le 2 normalement, avant l'arrivée d'Olivier et Stéphanie.
Aujourd'hui je dois voir M. MM, qui doit me donner les clefs de l'appartement de Mme M, que je vais habiter du 2 au 7.

Pour le travail, je vais être fixé, puisque James doit m'appeler.
Feuille de route :
Récupérer les clefs à Queen's Gardens
Aller dans le centre m'occuper de la mission dont ma soeur m'a chargé.

James m'a appelé : son coco, mon éventuel employeur, doit m'appeler incessamment...

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Ca y est, je suis dans le tube, j'ai ma carte huître en poche, et le grand homard de la Central Line est en pleine course. J'ai enfin quelque chose à faire. Quelque chose de précis. Cette pensée me détend. Je suis un peu en retard, mais en courant cela devrait aller.

La vie ici n'est en fait pas si compliquée...
J'attends le coup de téléphone de l'amie de James.
Je fais mes laçets. L'espace et le temps semblent se structurer peu à peu autour de moi. Du reste, je communique déjà plus aisément. Je perds peu à peu cet orgueil qui m'empêchait jusqu'alors de demander les renseignements les plus simples. J'apprends à demander mon chemin, j'ai même tenté d'aider quelqu'un à trouver le sien.

Je vais enfin voir une tête connue, cela me rassure. Je ne pense plus à mon retour. La vie est chère, mais lorsque l'on sait ce qu'on dépense, ce n'est plus angoissant. On s'y fait. De nouvelles grilles d'analyse se mettent en place, permettant d'appréhender et de se fondre dans un nouveau système.

Au moins avec la carte huître, je ne me demande plus quelles pièces il faut que je sorte de ma poche pour payer le prochain trajet.

J'ai appris plusieurs informations dignes d'intérêt :
- Je puis retirer des devises aux distributeurs Barclay's sans commission
- Mes appels téléphoniques sont facturés comme suit :
si je téléphone en France, je paye 1 euro / min
si je réponds à appel venant de France, mon correspondant paye le prix d'une communication locale, et moi 0,35 euros / min


Je me trouvais dans une telle plénitude avant de partir, que je me suis senti un peu déprimé en arrivant à Londres ; mais c'est fini, j'ai retrouvé le goût de vivre, et, ce qui est mieux, celui de vivre ici.

Je descend à Queensway, la prochaine station, je vais devoir marcher un peu pour trouver la rue de mon futur appartement. J'espère que je ne mettrai pas trop de temps.

En tout cas, le tube, bien que plus cher, est plus pratique et rapide que le bus.

Queensway

Ici, on sort du métro en prenant l'ascenseur, comme à Montmartre...



Je demande une Street map, puis je me dirige, le nez dans mon bout de papier glacé, vers l'appartement de Mme M.

C'est un autre Londres que je découvre (ou redécouvre, plutôt...) On se sent en sécurité ici. En tout cas la couleur est annoncée (voir photo).










Tout est différent : les gens, les maisons, les boutiques, les chiens, les maisons surtout. C'est très chic, et en même temps ce quartier a un charme assez authentique.

J'arrive au 39. C'est ici que Mr M. doit m'attendre. Je sonne à l'interphone, Flat 5, continuant de me demander si je suis bien à la bonne porte de la bonne rue.
Je me recoiffe puisqu'il y a une petite caméra sur l'appareil.

J'entends la voix de Mr M. Il m'accueille quelques instants plus tard dans l'appartement, pas très grand, mais assez élégant. C'est rassurant de discuter avec une personne que je connais déjà. Nous parlons en anglais, comme si cela allait de soi.

Il me montre avec zèle comment fonctionne le moindre appareil. De la machine à laver au four à micro-ondes, en passant par le grille-pain ou le sèche cheveux... (bon j'exagère un peu, mais à peine)

Dans tous les cas, son accueil est on ne peut plus chaleureux. Il me fait quelques recommandations, et me répète plusieurs fois qu'à l'issue de mon séjour, tout doit être parfaitement propre. Je le rassure, autant que possible.

Il m'offre une excellente prune de chez Marks and Spencer, que j'avale bien maladroitement, effrayé déjà à l'idée de faire une tache sur le tapis ou sur le sofa.
Il me conseille quelques balades et musées, nous discutons encore un peu, puis me laisse les clefs, en me montrant comment on ouvre la porte, et en insistant sur l'importance de se montrer flegmatique et anglo-saxon (et non hystérique et latin), pour pouvoir entrer et sortir facilement de l'appartement, puisque la serrure offre quelque résistance.

Il me parle aussi du 'fish syndrom' : lorsqu'un hôte s'installe plus de trois jours chez quelqu'un, même le meilleur poisson finit par sentir... Ceci me détermine de façon définitive à ne pas abuser de l'hospitalité de Kevin et Nathalie.

Ce personnage est assez fin et cultivé.

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Je vais me sustenter un brin, puis direction : Hyde Park.

Pour l'heure, ce qui me manque le plus, c'est un coupe ongles.
Ici, pour un français, traverser une rue est une aventure, il faut regarder à droite, puis à gauche. En fait, on regarde à droite, puis à gauche, puis à droite, puis lorsqu'on est au milieu de la rue, on fait l'inverse. On tourne beaucoup la tête en tout cas.

CCTV veille, il y a des caméras partout, c'est un peu Big Brother. Les gens doivent avoir peur. Pourtant on se sent assez en sécurité à Londres. D'ailleurs, les caméras sont bien plus nombreuses dans les quartiers chics, bizarrement.

Les prix sont aussi assez différents des prix du Eastern London... Deux villes différentes.






J'avise un distributeur Barclay's => Global Alliance => No charge => Je retire de l'argent.

Ici même les banques ont de l'humour...


Barclay's me parle français sans que je lui demande.
Je suis riche.






Je vais maintenant pouvoir répondre à une question qui me taraude depuis plusieurs années :
Le Burger King est-il vraiment meilleur que le Mc Donald's ?

Je n'ai pas vraiment faim, mais il est plus de 14h, il faut que je déjeune. Il y a un menu à 2 £, c'est parfait.






En effet, ce n'est pas très copieux...

C'est étrange, les frites ont goût de pommes de terre, le sandwich a goût de pain, voire de levure, et est assez sucré. C'est un peu surprenant là aussi. Le coca cola est le même que dans les Mc Donald's Français, en plus sucré.

Dans ce quartier, il y a beaucoup de touristes français. Je ne leur parle pas, je ne les écoute pas non plus. Ce sont presque des ennemis.

En tout cas ce qui est plutôt réconfortant finalement, c'est que les publicités sont ici aussi stupides qu'en France.

Direction Tesco, puis Hyde Park.

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Kensington Garden (ce park est collé à Hyde Park)
Je suis adossé à un arbre, mais un vrai, pas comme ceux du Luxembourg. Oui il y a des arbres, de l'herbe, un silence qui est presque celui de la campagne. Ici la nature n'est pas circonscrite. Elle s'étend et s'épanouit. Elle semble pouvoir s'étirer jusqu'aux dimensions qui doivent être les siennes.
Il y a des chiens qui courent, des couples qui s'enlacent dans la verdure, et des corbeaux.

Je dois reconnaître que je me sens assez bien. La campagne à la ville, un vieux phantasme qui n'est peut-être pas si utopique.


Il faut que je dise à Olivier de rapporter un coupe-ongles...

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Mon téléphone sonne. C'est un numéro anglais. Je réponds, sans vraiment savoir qui j'aurai au bout du fil.

Mary, le fameux contact de James, me donne le numéro d'un certain Mark, que j'ai du mal à noter, du fait d'une réception un peu approximative. C'est comme si elle se trouvait au fond d'un grand entrepôt industriel. Ce doit être ça aussi, Londres.

Je me prépare. Je vais appeler Mark. Je me prépare. Que vais-je lui dire ?






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Je suis tombé sur un répondeur...

j'ai laissé un message

Je croise un convoi d'animaux
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Si j'ai succombé à quelques accès de compulsion alimentaire, j'ai su me garder jusque là d'acquérir inconsidérément ces panoplies de stylos, pin's, et autres mugs à l'effigie de la reine d'Angleterre, qui vous tendent leurs petites mains à chaque coin de rue.

Je suis dans un parc, je prends des photos. Lorsque je vois ces femmes seules, poussant leurs poussettes, ou regardant leurs enfants se jeter du sable dans les yeux, parfois discutant avec une amie se trouvant dans la même situation qu'elles, je ne puis pas m'empêcher de trouver ça triste. Lorsque je vois ces hommes seuls, sans enfants, qui se jettent du sable dans les yeux, qui discutent parfois, restent entre eux, je ne puis pas m'empêcher de trouver ça laid.

J'espère ne choquer personne en disant que je ne voudrais jamais leur ressembler.

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On voit quand même des choses étranges à Londres :
Deux jumelles habillées exactement de la même manière
Un homme dont le menton escamoté a été remplacé par un tout petit pansement
Un groupe de musique espagnole, sur une scène en pleine rue
Des chaussures à 725 £ la paire
Des types avec des cigares dont la circonférence excède celle de leur pouce pourtant épais



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Je suis à Soho. Je connais cet endroit. Il n'a pas vraiment changé depuis deux ans. Je suis en pélerinage en quelque sorte. Revisiter ses souvenirs seul semble les vider de leur substance. J'ai l'impression d'être une sorte de fantôme.

Il y a des Hippies qui chantent Hari Krishna (cliquez ici pour les entendre !)

Des bars Gays qui ne le cachent à personne.

Tout cela est fort intéressant, mais l'objet de mon voyage n'est pas ici.

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Je rentre à la maison.

Kevin travaille encore. Nous discutons avec Nathalie.
J'ai laissé deux messages à Mark, peut-être m'appellera-t-il demain...

Pour l'heure, je vais dormir un peu.

1 commentaires:

Anonyme a dit…

slt c Sharlene, je savais pas que tu etais sur londres ( y etant aussi, desolee, je peux pas ecrire avec les accents ) bisous vive la oyster lol