30 août 2006

II Lost

Après une nuit de plomb, je me décide à me lever vers 10h, heure locale. Je croise Kevin qui part travailler et qui ne rentrera que ce soir, très tard.

Quelques temps plus tard, je rencontre Nathalie, la cousine de Julien. Nous parlons français. Elle a des yeux immenses et communicatifs. Elle est moins laconique que Kevin, sans doute parce qu'elle est plus agée.

En tout cas je suis bien tombé, ici.

Il y a un toît privé, comme une cour en hauteur, duquel on peut avoir une vue panoramique de Bethnal Green Road. On est au dessus d'un restaurant, on peut parfois sentir des odeurs de graillon.

Nathalie cultive des tomates cerises sur son toît privé. Ce n'est pas simple, puisqu'il faut sortir par la fenêtre.

Kevin et Nathalie sont très discrets : J'ai souvent l'impression d'être seul à l'appartement, alors qu'ils sont là...





C'est un drôle d'appartement : un grand couloir (15 m ?), très étroit, plongé dans l'obscurité - puisque je n'ai toujours pas trouvé le bouton pour allumer la lumière, au milieu duquel un vélo vous accroche les côte pour vous empêcher de passer. Puis on rencontre deux marches, puis un escalier, aussi étroit que le couloir, qui mène à une porte. Derrière cette porte, il y a une entrée-cage d'escalier. A gauche, c'est ma chambre, enfin c'est le living TV room qui sert de chambre d'amis à l'occasion, avec un canapé transformable. En face, il y a la chambre de Nathalie. A gauche de la porte de ma chambre, il y a un escalier, à mi-chemin duquel il y a cette fameuse fenêtre rectangulaire, qui permet d'accéder au toît privé.
En haut, la cuisine, où on laisse la radio allumée pour faire fuir les souris (celles-ci ont horreur du football paraît-il, c'est pourquoi s'impose BBC5, la station du sport).

Nous prenons nos repas assis sur les marches de l'escalier. Contrairement à ce que croient certains - et à ce à quoi je me laissais accroire, je le reconnais - il existe bien une gastronomie anglaise, ou plutôt, il est tout-à-fait possible de se nourrir correctement à Londres. Les influences dans ce domaine sont assez diverses, les menus sont donc assez hétéroclites...
Par exemple : salade de coriandre accompagnée d'un poulet mixé avec ses os.

Aujourd'hui, je vais prendre une carte huître pour pouvoir me déplacer plus facilement, et je pense aller visiter le centre victorien, en attendant l'éventuel coup de fil d'un éventuel employeur...

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Je me suis promené pendant quelques heures, à pieds, dans les rues de Londres.

Je n'ai pas pris de carte huître, et je n'ai pas été dans le centre. Mon éventuel employeur n'a pas appelé.

J'ai visité un musée sur l'évolution des environnements domestiques londoniens de 1900 à nos jours.

C'était intéressant, mais pas captivant. Toujours est-il que le cadre était charmant.





J'ai marché, marché...

Toujours pas de nouvelles de James et de son ami.

J'avais oublié à quel point la solitude, l'expatriation et le désoeuvrement font mauvais ménage. Heureusement, je ne vis pas tout seul (même si Nathalie et Kevin sont souvent absents). Heureusement aussi, internet me permet de ne pas me sentir trop isolé. Ma vie ici reste donc supportable.

Il faut absolument que je travaille, même gratuitement, il faut que je puisse parler à des gens, communiquer, m'occuper le corps et l'esprit.

Sinon il me faudra écourter mon voyage...

Olivier et Stéphanie arrivent le 2 normalement, soit dans trois jours. Cela me paraît énorme. Trois jours. Au pire, si je ne trouve rien, je repartirai avec eux, après avoir profité du Londres touristique avec eux. Ce sera mieux que rien. On ne peut pas profiter du Londres touristique tout seul. Ou alors je n'en suis plus capable. En un autre temps, je savais m'occuper tout seul...

Je ne vais tout de même pas rester lire dans ma chambre toute la journée !

Le plus difficile est bien la pression psychologique de cette phrase : "il faut bien que ce voyage serve à quelque chose..."

J'ai le sentiment d'avoir tellement mieux à faire ailleurs.

Arg
Et le fantôme du premier semestre qui se profile à l'horizon...

Compulsions, compulsions

Si je peux travailler pour l'ami de James, ce sera parfait. Ce qui est terrible, c'est que si je reste dans le flou quant à cet éventuel job, je ne peux pas vraiment me présenter dans des restaurants pour demander du travail. En tout cas, pour l'heure, je ne suis pas d'un tempérament assez battant pour investiguer. Toujours est-il que je pourrai discuter avec Nathalie et Kevin ce soir, cela me remplumera un peu l'esprit, si je puis dire. Je leur dirai que je préfère faire n'importe quoi plutôt que d'errer dans la ville sans but. Nous allons trouver une solution.

J'ai travaillé un peu, discuté avec Nathalie, et j'ai pu échanger quelques impressions sur internet.

Nathalie m'a fait écouter une émission de radio d'un de ses amis : Concrete Poetry, BBC 4. C'est un Londonien qui s'émerveille de l'architecture à Londres. C'était intéressant, mais assez difficile à comprendre en fait...

Je vais dormir, demain sera un autre jour. Je pense et j'espère que je serai moins dans le doute. Ma soeur Hermance m'a envoyé un ensemble de bons plans, et m'a investi d'une mission. Je vais peut-être enfin savoir pourquoi je suis à Londres...

5 commentaires:

Anne a dit…

Ne perds pas espoir mon petit Artus..Saisis cet immense vertige comme un vaste horizon de liberté..C est à toi de conquérir cet espace,de le rendre fertile.
Toi qui sais si bien tuer le temps ne le laisse pas te tuer!

Artus a dit…

Merci ma petite pomme, tu vois juste, comme d'habitude, et tu es aussi lyrique que moi, merci !

olivier a dit…

Hé bé !... anne, on peut pas mieux dire... (-;..
artus, bah vas-y!, resaisis-toi et fertilise cet espace! , et t'en fais pas trop, stéphanie et moi, arrivons très bientôt. (Comme ça, tu pourras parler anglais!..)
Bonne idée ce blog c'est sympa, et ta qualité narrative est 'attractive'.., on s'y sent déjà. Presque.

Artus a dit…

Hihi, merci à tous de me soutenir, merci pour les mails et les commentaires, ça réchauffe le coeur !

etienne a dit…

It's quite impressive!
Je comprends complètement ton état d'esprit, et je compatis, ayant expérimenté ce genre de désoeuvrement pendant les soirées et week-ends passés à Brest du temps où j'étais gendarme maritime. Lire, tuer le temps avec un PC (sans internet...), marcher toute une après-midi en descendant puis remontant la rue principale pour choisir quel cinéma me désennuierait le plus efficacement... Donc si tu as un numéro de téléphone fixe à nous transmettre, il nous suffira d'une freebox pour t'appeler en illimité par exemple !
Bon courage, et merci pour les news !