05 septembre 2006

IIX No Way Back

Ce matin, nous essayons de nous lever assez tôt. La journée sera très courte pour les cocos.

C'est le jour du départ. Nous devons tout ranger. Ce n'est donc pas très intéressant. Bientôt, Olivier et Stéphanie quittent l'appartement et je me retrouve seul.

Je finis de faire la vaisselle, le ménage, pour que tout soit parfait. Je vais porter les draps au pressing comme on m'avait été demandé (au passage, les pressings sont hors de prix dans ce pays, sachez-le...)

Sur le chemin du retour, je reçois un coup de téléphone de mon ami Cédric. Il m'apprend une terrible nouvelle.
J'espère que personne ne trouvera déplacé le fait que j'en parle sur mon blog. Un drame est arrivé à Paris. Un de mes amis, Olivier Huchot, est mort.
Il était (employer le passé est si pénible) épileptique. A ce que j'ai compris, lors d'une crise, il s'est cogné la tête.

...

C'est la première fois que l'on m'annonce la mort d'un ami. Je ne pensais pas avoir à la rapporter ainsi de manière publique, mais ce blog est censé couvrir mon voyage en Angleterre du début jusqu'à la fin.


Olivier Huchot est mort. Je ne peux pas le croire. Je le sais pourtant, comme on sait qu'il n'y a pas de vie sur la lune, ou que certaines particules peuvent selon les lois de la physique quantique se trouver à deux endroits à la fois. Je ne peux pas le croire.

Je parviens à me connecter sur internet dans une cabine téléphonique, envois quelques mails, afin de diffuser la nouvelle, le moins maladroitement que je puis. On est toujours maladroit dans une telle situation.

Je suis triste, oh pas tellement pour moi, je n'ai pas à me plaindre, je ne réalise pas encore le trou qu'il laissera dans notre groupe d'amis. Je ne réalise pas. Mon esprit ne saisit pas ce qui s'est passé, ce qui a changé, et quelles en sont les implications. La mort ne fait pas partie du champ des possibles. Je suis triste pour ses proches, qui doivent être effondrés. Je suis triste de penser à tout ce qu'il aurait voulu faire. Je suis triste quand je pense qu'il était avec nous il y a une semaine, à une soirée, qu'il buvait et s'amusait, et que personne alors ne s'attendait à un tel drame. Je suis triste de penser qu'il voulait apprendre à danser le rock, et que je lui avais donné des conseils, et qu'Anne avait longtemps dansé avec lui pour lui montrer les pas. Je devais lui indiquer les soirées où il pourrait apprendre.

Je suis triste lorsque je pense au petit court métrage que nous avons fait il y a un an, dans lequel il jouait. Je n'en ai jamais terminé la musique. Nous aurions dû le voir tous ensemble, si j'avais fini mon travail à temps. Nous prévoyons une séance de projection festive. Aura-t-elle lieu un jour, cette projection, et dans quelles conditions ?

Pauvre Olivier. S'il avait su. Que faire. Que faire ?

Mon père, avant d'apprendre la nouvelle, me déconseillait de rendrer à Paris. Je n'ai plus le choix il me semble. Je n'ai pas très envie de rester seul ici, à tourner et retourner dans mon esprit cette impossible pensée. Je ne suis pas encore triste. Je le serai bien assez tôt.

Je finis de ranger l'appartement.

Mon oyster card n'a plus tout à fait assez de crédit pour me permettre de prendre les transports en commun. Je n'ai plus d'argent en poche, non plus. Je ne vais pas en retirer quelques heures avant le départ. J'irai à pieds, j'ai tout mon temps.

Le trajet est long, mes sacs un peu lourds. Je pense. Je pense. Je vis ces heures de marche et de recueillement comme une sorte de pélerinage. Je m'arrête à l'Apple store, où la connexion internet est gratuite, afin d'envoyer quelques nouveaux messages. J'ai déjà reçu une réponse, c'est gentil. J'ai été un de ses plus proches amis pendant deux ans, à la fin du lycée. J'ai un rôle à jouer. Que faire ?

Dois-je déjà effacer son numéro de téléphone de mon portable. Non c'est trop tôt. Oh ces pensées me semblent tellement déplacées. Et pourtant. Que faire ? Il faut bien faire quelque chose. Je verrai à Paris. En attendant, je pense. Je pense.
C'est peut-être une erreur, même une farce ! Non c'est impossible. Personne ne plaisante avec ça.

Je suis dans le train. Je ne réalise toujours pas. Qu'est-ce qui a changé ?
Pour moi, peu de choses. Matériellement, rien : je marchais à Londres de la même manière avant, seul mon état d'esprit a changé.
Pour lui, pour ses proches, le monde n'est plus le même. Pour moi, ce qui change se limite à l'ensemble des points de contact que j'avais avec lui. Ces points de contact sont surtout dans le passé. Je le voyais une fois par mois. Je sentirai un vide une fois pas mois.


Après avoir accompli les formalités d'usage, je monte dans le train et m'installe à ma place, non sans soulagement.

Les téléphones, dans les trains, sont une véritable plaie. Les gens font profiter tout le wagon de leurs conversations insipides et privées. Une fille, qui parle assez fort, en français, détaille différentes alternatives de plans de carrière. Elle mélange à son français de jeune femme d'affaires un ensemble d'anglicismes du plus mauvais effet. Son discours est dur et très laid, orgueilleux et puant. Elle déverse d'infectes banalités. Marketing people. Pouah. Oh tout le monde n'est pas comme ça, en entreprise, même dans le marketing. Seulement, certains cas sont vraiment graves.

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Je suis sous la manche, à nouveau. Non, le train vient d'en sortir.

Je suis en France, mon téléphone affiche 'SFR'. Les gens parlent français. Il fait nuit. Il me semble que le français est une langue inutile puisqu'à la parler, on n'apprend rien. Je n'ai encore quasiment rien dit en français. Je ne pense en français que pour écrire. Pour le mode de pensée opératoire, l'anglais domine toujours. Tant mieux. Lorque je me déplace dans les wagons, je parle anglais, par réflexe.

Je dois bientôt conclure ce blog, puisque mon voyage touche à sa fin.

Je ne sais pas si ça sert à quelque chose, si ça a un sens pour qui que ce soit : je dédie finalement ce blog à Olivier Huchot. Je ne sais pas même si cela a un sens pour moi.

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Je me regarde dans le miroir. Je vois un garçon avec une barbe, courte mais presque homogène, qui me scrute profondément. Il est parti seul à l'étranger, oh pas longtemps, juste le temps de perdre ses repères et de les retrouver. Il a l'air dense et plein, de fatigue. Il vient de perdre un ami proche. Celle à qui il tient tellement l'attend.

Je le reconnais à peine.

Il ressemble presque à un homme.

Ma mission.

04 septembre 2006

VII Last, and least ?

Ce matin, après un brunch assez costaud, nous allons à Portobello market, le marché de Notting Hill (eh oui celui du film...)

Cet après-midi, nous irons à Camden.

Aussi, c'est la journée des marchés.

Nous sortons de l'appartement, et prenons Bayswater Way, le long de Hyde Park, puis Portobello Road.
Nous marchons, marchons. Toujours vers l'est. Nous croisons le petit français d'hier soir. C'est assez inattendu. Il est très sympathique, mais nous ne voulons pas discuter avec lui trop longtemps. Cela tombe bien, lui aussi est pressé.

Nous le laissons à ses affaires, et nous poursuivons notre route le long du marché. Ce n'est en fait pas très intéressant, et nous avons un peu l'impression de piétiner.

Nous continuons jusqu'au début du quartier portugais. Ce n'est plus la même atmosphère. Il y a des sortes de cités prolétaires en briques rouges. Tout semble sale. Nous prenons une rue à droite, afin de faire demi-tour un peu plus loin, car nous préférons éviter si possible de prendre le même chemin qu'à l'aller, trop monotone. Nous rencontrons une mamma noire au sourire doré. Elle nous demande où nous allons comme ça, où nous souhaitons nous rendre. Nous lui répondons que nous voudrions juste retourner vers Notting Hill.
Elle nous dit qu'il ne faut pas continuer par là, que nous n'avons rien à faire ici. Nous risquons d'avoir des problèmes. Ce n'est pas un quartier pour nous. Elle nous dit encore que si nous nous faisons aborder par un inconnu, il nous faut courir vers le premier agent de police que nous verrons.

Elle nous répète encore qu'il ne faut pas continuer vers le nord, que nous devons absolument rebrousser chemin. Il n'y a rien d'intéressant, rien à voir ici.

Nous revenons donc sur nos pas, retrouvons Portobello Road, puis la quittons à nouveau pour emprunter une rue parallèle, plus par principe que par raison, afin de ne pas reprendre exactement le même chemin qu'à l'aller, en sens inverse.
Nous grimpons dans le premier bus pour Camden Town que nous rencontrons...

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Ici, la plupart des bus ne suivent pas la ligne jusqu'au bout. Aussi, une fois de plus, notre bus nous a déposé, après un long trajet pourtant, quelques arrêts avant notre destination.

Nous marchons un peu. Nous trouvons le marché permanent. Il est beaucoup moins animé que la dernière fois que j'y ai été. Les boutiques sont toujours aussi étonnanes, mais il n'y a pas un chat, et l'ambiance est un peu éteinte, du coup.

Après en avoir fait le tour plusieurs fois, nous nous mettons à la recherche d'un point d'accès internet, afin qu'Olivier puisse consulter ses premiers résultats de concours d'entrée aux écoles de commerce. Ce n'est que de retour dans le centre que nous pouvons nous connecter avec mon ordinateur, au détour d'une rue. Olivier est admissible à l'EM Lyon.

Nous allons boire des bières pour fêter ça. Nous rentrons plus tard, pour dîner.

La journée n'aura pas été captivante, nous sommes fatigués, et un peu décus. Nous n'avons rien vu de passionnant.

Nous allons nous coucher : demain nous aurons beaucoup de choses à faire avant de partir.

03 septembre 2006

VI The cultural day

Nous brunchons, afin de ne pas perdre de temps aujourd'hui.

Aujourd'hui, c'est la journée culturelle. Nous allons au British Museum. Stéphanie est aux anges, elle peut enfin voir, et presque toucher, toutes les oeuvres qu'elle connait par coeur, et dont elle a maintes fois rêvé. Elle nous est d'un grand secours, à Olivier et moi, puisqu'elle nous présente le contexte et les clefs de chacune des oeuvres.

Nous sommes intéressés, mais assez fatigués, puisque nous avons beaucoup marché hier (et moi les autres jours). Nous testons les sièges de chaque salle (je vous conseille les fauteuils de la salle Rubens, en cuir rouge, piqués, très confortables...)



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Pour la suite, je rapporte des souvenirs déjà un peu flous :

L'après midi ? Stéphanie et Olivier me remémoreront ce que nous avons fait. Je ne m'en souviens plus.

Je me rappelle juste que nous avons marché, vu Wesminster Abbey, ainsi que Green Park, si mes souvenirs sont exacts.


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Nous avons été en fin d'après-midi au festival de Regent's street, qui accueillait des musiciens et danseurs espagnols. Une bonne ambiance, mais il y avait beaucoup trop de monde.

Le soir, nous avons été dans quelques pubs. Nous avons pu nous connecter à internet.

Le pub ou nous avons terminé la soirée était très sympathique. L'ambiance a changé peu à peu. Il y a eu d'abord un concert de country britannique, le groupe reprenait au banjo les airs de rock'n'roll les plus populaires.

Ensuite, des espagnols du festival ont repris leurs instruments. C'était formidable. Je ne savais pas que les espagnols jouaient aussi de la musique celtique. Ils étaient très motivés, et l'ambiance était bon enfant (écoutez ici un extrait musical).

Un garçon d'une vingtaine d'années m'a abordé, voyant que j'avais l'air d'apprécier cette musique. Il m'a demandé si j'étais breton. Je lui ai dit qu'effectivement. Il avait l'air enchanté de voir un français à Londres. Il logeait dans l'hôtel du pub (à moins que nous ne fussions dans le pub de l'hôtel, peu importe). Il nous a proposé de discuter dans sa chambre. Nous avons accepté.

Sa chambre était très mal rangée. Ce pauvre petit privilégié avait l'air très mortifié par le nombre d'homosexuels qu'il avait rencontré dans son quartier. Certains lui avaient même fait des propositions presque gênantes. Il était gentil, ce garçon, mais un peu puant sur les bords. Je ne me souviens plus de son prénom. Peu importe.

Nous sommes rentrés un peu tard, nous avons dîné, puis nous sommes couchés.

02 septembre 2006

V Leaving people, meeting people

Ce matin, j'ai fait mes bagages le plus rapidement possible. Nathalie m'a laissé un gentil mot me souhaitant bon courage pour la suite de mon séjour. Je réponds au dos, je les remercie de leur hospitalité, en me disant que finalement j'aurai à peine vu Kevin.

Au moment de quitter l'appartement, j'entends du bruit. C'est Kevin qui rentre de sa soirée, un peu déçu parce qu'il n'a pas pu mixer finalement. J'ai bien fait de ne pas le rejoindre.

Je lui tends les clefs et le petit mot d'adieu. Je quitte l'appartement de Bethnal Green Road. Je me dépêche pour aller retrouver Olivier et Stéphanie. Je suis déjà très en retard.
Mes cocos doivent être déjà arrivés.

J'ai tendance à penser en Anglais, de plus en plus, à tel point que parfois le Français me semble être une langue étrangère.

Le bus est quasiment vide. Le chauffeur, l'air un peu égaré, me demande le chemin qu'il doit suivre. Je n'en sais strictement rien. Nous nous sommes arrêtés.

Le chauffeur sort en courant, paniqué, pour chercher de l'aide, assurément. Il revient quelques instant plus tard et demande aux passagers de changer de bus. Il s'est trompé de route, ou plutôt, il ne connaissait pas sa ligne. Je descends, et trouve après quelques minutes un autre bus qui me mènera à Waterloo station. Je serai très en retard.

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Je trouve Stéphanie et Olivier à la terrasse d'un Burger King.
Nous discutons un peu.
Nous allons tenter d'échanger mon billet. Quasiment tous les trains sont complets, sauf celui du 5 septembre au soir... C'est un peu tôt pour moi, j'aurai pu rester deux jours de plus, mais tant pis, je n'ai pas le choix. J'aurai quand même bien profité de mon voyage...

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Maintenant que les cocos sont là, je ne vais plus pouvoir être très introspectif. Mes descriptions seront plus factuelles.

Nous allons à Hyde Park, je connais bien ce parc désormais. Nous marchons très longtemps, trop longtemps peut-être.
Enfin c'est toujours aussi joli. Nous appelons M. MM pour lui demander si nous pouvons laisser nos bagages dans l'appartement jusqu'au soir.

Je tombe sur quelqu'un que je ne connais pas. Peu importe, il accepte que nous laissions nos bagages.

Nous y allons avec Olivier. Ce monsieur est un peu spécial, un peu froid. Pince sans rire, sans doute. Il nous dit qu'assurément nos bagages le gênent, mais que nous n'avons qu'à les laisser. Nous repartons en nous confondant en excuses. Je ne crois pas qu'il nous en veuille vraiment.

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A partir de là, je n'ai pas pris de notes, je n'ai pas non plus pris de photos ; aussi je ne me souviens plus précisément de ce que nous avons fait...
Nous avons été à Harrod's, le temple du Kitsch, y avons admiré les pyramides de terrine de homard ainsi que le petit lieu de culte à la mémoire de Lady Di.
Nous avons aussi été contempler le Buckingham Palace.

Il y avait à l'entrée des petits soldats de plomb, qui marchaient mécaniquement.

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Le soir, nous faisons les courses, puis nous installons dans l'appartement. Demain, nous souhaitons commencer la journée le plus tôt possible.

01 septembre 2006

IV And then

Ce matin j'avais du travail à l'appartement, pour la France hélas.


J'ai quand même pu sortir et m'attarder un peu dans le quartier pakistanais, puisque je le quitte demain.

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Aujourd'hui, en attendant l'appel éventuel de Mark, je vais aller visiter le Tate Modern.

Je dois dire que déjà, je ne crois plus vraiment à son appel, je ne l'espère pas vraiment d'ailleurs. Je n'ai pas envie de me battre pour travailler une semaine, d'autant plus je serais sans doute exploité, puisque c'est le système ici.

Je prends le bus 338, je me dirige vers Blackfriars.

C'est fou comme on se fait vite à l'inconnu : j'ai déjà retrouvé des repères. La ville ne m'intimide plus.

Je vais enfin pouvoir me consacrer sérieusement à ma mission.

Je passe devant le gros oeuf-fusée, qui trône, posé sur la City.


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Le TATE modern, je connaissais déjà cette usine électrique désaffectée, avec son impressionnante tour, reconvertie en un moderne musée d'art moderne.

Les galeries sont intéressantes, mais je finis toujours par ressentir un sentiment d'exaspération dans les musées d'art moderne. Les oeuvres surréalistes n'ont pas leur place dans des collections.

Les badauds s'ébahisse devant des sculptures ou des tableaux iconoclastes, qui deviennent à leur tour des icones. Cela n'a pas de sens. C'est l'ironie du sort.

On va au musée pour admirer des ballons de basketball flottant dans un bloc de plexiglas, en mangeant sa glace... Cela n'a pas de sens. On se demande "qu'est-ce que l'artiste a voulu dire ?"

L'intérêt de ces objets, de ces performances dans le meilleur des cas, est socio-politique. Ces 'oeuvres' sont la manifestation d'une réaction à des phénomènes sociaux. Ce sont des contre-phénomènes. Ils dépendent d'un contexte. Hors contexte, ils n'ont pas de sens.
Dans leur contexte, il n'en ont que pour l'artiste et pour ses quelques compagnons iconoclastes :
Confronter le phénomène et le contre-phénomène n'a pas de sens, puisqu'il ne peut y avoir aucune communication entre eux.

Je suis toujours exaspéré par les expositions d'art moderne.
Je les trouve incohérentes, naïves ou bien cyniques, ce qui n'est pas mieux.

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Je suis assis sur les marches du parvis de St Paul's Cathedral. Celle-ci ressemble à tout, sauf à une cathédrale.
Je bois de la ginger beer de chez Marks & Spencer - pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une sorte de limonade au gingembre, ambrée, à la saveur poivrée et acidulée.

Je suis dans la cathédrale. Les puissantes volutes sonores de l'orgue glissent le long des colonnes (cliquez ici pour entendre un extrait). Ici les gens sont filtrés à l'entrée du choeur. Il faut montrer patte-blanche pour passer. On vous donne un missel à rendre à la fin de la prière. Il faut d'ailleurs pouvoir prouver que l'on prie effectivement. Il faut faire la queue pour aller prier, il faut la faire également pour sortir du choeur. Si l'on manque l'heure de la prière, ce n'est pas grave, il suffit d'attendre la scéance suivante. Ces Anglais sont parfaitement organisés. Selon le guide du Routard, jadis il fallait payer pour entrer dans la cathédrale. Aujourd'hui le laxisme ambiant a fait que l'on peut aller prier gratuitement. Ah... C'est la fin de la journée, on ne peut plus prier après 18h, il faut revenir demain.

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C'est drôle tous ces gens avec leur pinte de bière à la main, dès 18h...

La soirée promet d'être longue.

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Voilà

la vie me semble simple désormais. Chère, mais simple. J'ai du mal à réaliser à quel point je me sentais perdu il y a seulement trois jours. Le temps tournait au ralenti.
Il commence à s'accélérer un peu.

Chercher du travail était un bon exercice, mais trouver du travail ne faisait pas tout-à-fait partie de ma mission.

Cette mission, je m'en occupe sans cesse en réalité. Je rentrerai le 7, et certainement, ma mission ici sera terminée. En tout cas c'est en bonne voie.

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Ce soir je n'ai pas été avec Kevin, qui faisait du DJ-ing à Holborn. J'avais à faire à l'appartement.

Demain je vais accueillir les cocos à la gare, ils pourront certainement m'aider dans ma mission...

Je quitte Kevin et Nathalie, ils ne seront même pas là quand je partirai.

Enfin, demain sera un autre jour.

31 août 2006

III New Born

Un peu de nouveau ce matin :
J'ai reçu plusieurs mails.

J'ai contacté Antoine, l'endive la plus frenchy de Londres. Il m'a répondu, et nous nous verrons le 2 normalement, avant l'arrivée d'Olivier et Stéphanie.
Aujourd'hui je dois voir M. MM, qui doit me donner les clefs de l'appartement de Mme M, que je vais habiter du 2 au 7.

Pour le travail, je vais être fixé, puisque James doit m'appeler.
Feuille de route :
Récupérer les clefs à Queen's Gardens
Aller dans le centre m'occuper de la mission dont ma soeur m'a chargé.

James m'a appelé : son coco, mon éventuel employeur, doit m'appeler incessamment...

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Ca y est, je suis dans le tube, j'ai ma carte huître en poche, et le grand homard de la Central Line est en pleine course. J'ai enfin quelque chose à faire. Quelque chose de précis. Cette pensée me détend. Je suis un peu en retard, mais en courant cela devrait aller.

La vie ici n'est en fait pas si compliquée...
J'attends le coup de téléphone de l'amie de James.
Je fais mes laçets. L'espace et le temps semblent se structurer peu à peu autour de moi. Du reste, je communique déjà plus aisément. Je perds peu à peu cet orgueil qui m'empêchait jusqu'alors de demander les renseignements les plus simples. J'apprends à demander mon chemin, j'ai même tenté d'aider quelqu'un à trouver le sien.

Je vais enfin voir une tête connue, cela me rassure. Je ne pense plus à mon retour. La vie est chère, mais lorsque l'on sait ce qu'on dépense, ce n'est plus angoissant. On s'y fait. De nouvelles grilles d'analyse se mettent en place, permettant d'appréhender et de se fondre dans un nouveau système.

Au moins avec la carte huître, je ne me demande plus quelles pièces il faut que je sorte de ma poche pour payer le prochain trajet.

J'ai appris plusieurs informations dignes d'intérêt :
- Je puis retirer des devises aux distributeurs Barclay's sans commission
- Mes appels téléphoniques sont facturés comme suit :
si je téléphone en France, je paye 1 euro / min
si je réponds à appel venant de France, mon correspondant paye le prix d'une communication locale, et moi 0,35 euros / min


Je me trouvais dans une telle plénitude avant de partir, que je me suis senti un peu déprimé en arrivant à Londres ; mais c'est fini, j'ai retrouvé le goût de vivre, et, ce qui est mieux, celui de vivre ici.

Je descend à Queensway, la prochaine station, je vais devoir marcher un peu pour trouver la rue de mon futur appartement. J'espère que je ne mettrai pas trop de temps.

En tout cas, le tube, bien que plus cher, est plus pratique et rapide que le bus.

Queensway

Ici, on sort du métro en prenant l'ascenseur, comme à Montmartre...



Je demande une Street map, puis je me dirige, le nez dans mon bout de papier glacé, vers l'appartement de Mme M.

C'est un autre Londres que je découvre (ou redécouvre, plutôt...) On se sent en sécurité ici. En tout cas la couleur est annoncée (voir photo).










Tout est différent : les gens, les maisons, les boutiques, les chiens, les maisons surtout. C'est très chic, et en même temps ce quartier a un charme assez authentique.

J'arrive au 39. C'est ici que Mr M. doit m'attendre. Je sonne à l'interphone, Flat 5, continuant de me demander si je suis bien à la bonne porte de la bonne rue.
Je me recoiffe puisqu'il y a une petite caméra sur l'appareil.

J'entends la voix de Mr M. Il m'accueille quelques instants plus tard dans l'appartement, pas très grand, mais assez élégant. C'est rassurant de discuter avec une personne que je connais déjà. Nous parlons en anglais, comme si cela allait de soi.

Il me montre avec zèle comment fonctionne le moindre appareil. De la machine à laver au four à micro-ondes, en passant par le grille-pain ou le sèche cheveux... (bon j'exagère un peu, mais à peine)

Dans tous les cas, son accueil est on ne peut plus chaleureux. Il me fait quelques recommandations, et me répète plusieurs fois qu'à l'issue de mon séjour, tout doit être parfaitement propre. Je le rassure, autant que possible.

Il m'offre une excellente prune de chez Marks and Spencer, que j'avale bien maladroitement, effrayé déjà à l'idée de faire une tache sur le tapis ou sur le sofa.
Il me conseille quelques balades et musées, nous discutons encore un peu, puis me laisse les clefs, en me montrant comment on ouvre la porte, et en insistant sur l'importance de se montrer flegmatique et anglo-saxon (et non hystérique et latin), pour pouvoir entrer et sortir facilement de l'appartement, puisque la serrure offre quelque résistance.

Il me parle aussi du 'fish syndrom' : lorsqu'un hôte s'installe plus de trois jours chez quelqu'un, même le meilleur poisson finit par sentir... Ceci me détermine de façon définitive à ne pas abuser de l'hospitalité de Kevin et Nathalie.

Ce personnage est assez fin et cultivé.

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Je vais me sustenter un brin, puis direction : Hyde Park.

Pour l'heure, ce qui me manque le plus, c'est un coupe ongles.
Ici, pour un français, traverser une rue est une aventure, il faut regarder à droite, puis à gauche. En fait, on regarde à droite, puis à gauche, puis à droite, puis lorsqu'on est au milieu de la rue, on fait l'inverse. On tourne beaucoup la tête en tout cas.

CCTV veille, il y a des caméras partout, c'est un peu Big Brother. Les gens doivent avoir peur. Pourtant on se sent assez en sécurité à Londres. D'ailleurs, les caméras sont bien plus nombreuses dans les quartiers chics, bizarrement.

Les prix sont aussi assez différents des prix du Eastern London... Deux villes différentes.






J'avise un distributeur Barclay's => Global Alliance => No charge => Je retire de l'argent.

Ici même les banques ont de l'humour...


Barclay's me parle français sans que je lui demande.
Je suis riche.






Je vais maintenant pouvoir répondre à une question qui me taraude depuis plusieurs années :
Le Burger King est-il vraiment meilleur que le Mc Donald's ?

Je n'ai pas vraiment faim, mais il est plus de 14h, il faut que je déjeune. Il y a un menu à 2 £, c'est parfait.






En effet, ce n'est pas très copieux...

C'est étrange, les frites ont goût de pommes de terre, le sandwich a goût de pain, voire de levure, et est assez sucré. C'est un peu surprenant là aussi. Le coca cola est le même que dans les Mc Donald's Français, en plus sucré.

Dans ce quartier, il y a beaucoup de touristes français. Je ne leur parle pas, je ne les écoute pas non plus. Ce sont presque des ennemis.

En tout cas ce qui est plutôt réconfortant finalement, c'est que les publicités sont ici aussi stupides qu'en France.

Direction Tesco, puis Hyde Park.

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Kensington Garden (ce park est collé à Hyde Park)
Je suis adossé à un arbre, mais un vrai, pas comme ceux du Luxembourg. Oui il y a des arbres, de l'herbe, un silence qui est presque celui de la campagne. Ici la nature n'est pas circonscrite. Elle s'étend et s'épanouit. Elle semble pouvoir s'étirer jusqu'aux dimensions qui doivent être les siennes.
Il y a des chiens qui courent, des couples qui s'enlacent dans la verdure, et des corbeaux.

Je dois reconnaître que je me sens assez bien. La campagne à la ville, un vieux phantasme qui n'est peut-être pas si utopique.


Il faut que je dise à Olivier de rapporter un coupe-ongles...

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Mon téléphone sonne. C'est un numéro anglais. Je réponds, sans vraiment savoir qui j'aurai au bout du fil.

Mary, le fameux contact de James, me donne le numéro d'un certain Mark, que j'ai du mal à noter, du fait d'une réception un peu approximative. C'est comme si elle se trouvait au fond d'un grand entrepôt industriel. Ce doit être ça aussi, Londres.

Je me prépare. Je vais appeler Mark. Je me prépare. Que vais-je lui dire ?






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Je suis tombé sur un répondeur...

j'ai laissé un message

Je croise un convoi d'animaux
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Si j'ai succombé à quelques accès de compulsion alimentaire, j'ai su me garder jusque là d'acquérir inconsidérément ces panoplies de stylos, pin's, et autres mugs à l'effigie de la reine d'Angleterre, qui vous tendent leurs petites mains à chaque coin de rue.

Je suis dans un parc, je prends des photos. Lorsque je vois ces femmes seules, poussant leurs poussettes, ou regardant leurs enfants se jeter du sable dans les yeux, parfois discutant avec une amie se trouvant dans la même situation qu'elles, je ne puis pas m'empêcher de trouver ça triste. Lorsque je vois ces hommes seuls, sans enfants, qui se jettent du sable dans les yeux, qui discutent parfois, restent entre eux, je ne puis pas m'empêcher de trouver ça laid.

J'espère ne choquer personne en disant que je ne voudrais jamais leur ressembler.

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On voit quand même des choses étranges à Londres :
Deux jumelles habillées exactement de la même manière
Un homme dont le menton escamoté a été remplacé par un tout petit pansement
Un groupe de musique espagnole, sur une scène en pleine rue
Des chaussures à 725 £ la paire
Des types avec des cigares dont la circonférence excède celle de leur pouce pourtant épais



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Je suis à Soho. Je connais cet endroit. Il n'a pas vraiment changé depuis deux ans. Je suis en pélerinage en quelque sorte. Revisiter ses souvenirs seul semble les vider de leur substance. J'ai l'impression d'être une sorte de fantôme.

Il y a des Hippies qui chantent Hari Krishna (cliquez ici pour les entendre !)

Des bars Gays qui ne le cachent à personne.

Tout cela est fort intéressant, mais l'objet de mon voyage n'est pas ici.

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Je rentre à la maison.

Kevin travaille encore. Nous discutons avec Nathalie.
J'ai laissé deux messages à Mark, peut-être m'appellera-t-il demain...

Pour l'heure, je vais dormir un peu.

30 août 2006

II Lost

Après une nuit de plomb, je me décide à me lever vers 10h, heure locale. Je croise Kevin qui part travailler et qui ne rentrera que ce soir, très tard.

Quelques temps plus tard, je rencontre Nathalie, la cousine de Julien. Nous parlons français. Elle a des yeux immenses et communicatifs. Elle est moins laconique que Kevin, sans doute parce qu'elle est plus agée.

En tout cas je suis bien tombé, ici.

Il y a un toît privé, comme une cour en hauteur, duquel on peut avoir une vue panoramique de Bethnal Green Road. On est au dessus d'un restaurant, on peut parfois sentir des odeurs de graillon.

Nathalie cultive des tomates cerises sur son toît privé. Ce n'est pas simple, puisqu'il faut sortir par la fenêtre.

Kevin et Nathalie sont très discrets : J'ai souvent l'impression d'être seul à l'appartement, alors qu'ils sont là...





C'est un drôle d'appartement : un grand couloir (15 m ?), très étroit, plongé dans l'obscurité - puisque je n'ai toujours pas trouvé le bouton pour allumer la lumière, au milieu duquel un vélo vous accroche les côte pour vous empêcher de passer. Puis on rencontre deux marches, puis un escalier, aussi étroit que le couloir, qui mène à une porte. Derrière cette porte, il y a une entrée-cage d'escalier. A gauche, c'est ma chambre, enfin c'est le living TV room qui sert de chambre d'amis à l'occasion, avec un canapé transformable. En face, il y a la chambre de Nathalie. A gauche de la porte de ma chambre, il y a un escalier, à mi-chemin duquel il y a cette fameuse fenêtre rectangulaire, qui permet d'accéder au toît privé.
En haut, la cuisine, où on laisse la radio allumée pour faire fuir les souris (celles-ci ont horreur du football paraît-il, c'est pourquoi s'impose BBC5, la station du sport).

Nous prenons nos repas assis sur les marches de l'escalier. Contrairement à ce que croient certains - et à ce à quoi je me laissais accroire, je le reconnais - il existe bien une gastronomie anglaise, ou plutôt, il est tout-à-fait possible de se nourrir correctement à Londres. Les influences dans ce domaine sont assez diverses, les menus sont donc assez hétéroclites...
Par exemple : salade de coriandre accompagnée d'un poulet mixé avec ses os.

Aujourd'hui, je vais prendre une carte huître pour pouvoir me déplacer plus facilement, et je pense aller visiter le centre victorien, en attendant l'éventuel coup de fil d'un éventuel employeur...

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Je me suis promené pendant quelques heures, à pieds, dans les rues de Londres.

Je n'ai pas pris de carte huître, et je n'ai pas été dans le centre. Mon éventuel employeur n'a pas appelé.

J'ai visité un musée sur l'évolution des environnements domestiques londoniens de 1900 à nos jours.

C'était intéressant, mais pas captivant. Toujours est-il que le cadre était charmant.





J'ai marché, marché...

Toujours pas de nouvelles de James et de son ami.

J'avais oublié à quel point la solitude, l'expatriation et le désoeuvrement font mauvais ménage. Heureusement, je ne vis pas tout seul (même si Nathalie et Kevin sont souvent absents). Heureusement aussi, internet me permet de ne pas me sentir trop isolé. Ma vie ici reste donc supportable.

Il faut absolument que je travaille, même gratuitement, il faut que je puisse parler à des gens, communiquer, m'occuper le corps et l'esprit.

Sinon il me faudra écourter mon voyage...

Olivier et Stéphanie arrivent le 2 normalement, soit dans trois jours. Cela me paraît énorme. Trois jours. Au pire, si je ne trouve rien, je repartirai avec eux, après avoir profité du Londres touristique avec eux. Ce sera mieux que rien. On ne peut pas profiter du Londres touristique tout seul. Ou alors je n'en suis plus capable. En un autre temps, je savais m'occuper tout seul...

Je ne vais tout de même pas rester lire dans ma chambre toute la journée !

Le plus difficile est bien la pression psychologique de cette phrase : "il faut bien que ce voyage serve à quelque chose..."

J'ai le sentiment d'avoir tellement mieux à faire ailleurs.

Arg
Et le fantôme du premier semestre qui se profile à l'horizon...

Compulsions, compulsions

Si je peux travailler pour l'ami de James, ce sera parfait. Ce qui est terrible, c'est que si je reste dans le flou quant à cet éventuel job, je ne peux pas vraiment me présenter dans des restaurants pour demander du travail. En tout cas, pour l'heure, je ne suis pas d'un tempérament assez battant pour investiguer. Toujours est-il que je pourrai discuter avec Nathalie et Kevin ce soir, cela me remplumera un peu l'esprit, si je puis dire. Je leur dirai que je préfère faire n'importe quoi plutôt que d'errer dans la ville sans but. Nous allons trouver une solution.

J'ai travaillé un peu, discuté avec Nathalie, et j'ai pu échanger quelques impressions sur internet.

Nathalie m'a fait écouter une émission de radio d'un de ses amis : Concrete Poetry, BBC 4. C'est un Londonien qui s'émerveille de l'architecture à Londres. C'était intéressant, mais assez difficile à comprendre en fait...

Je vais dormir, demain sera un autre jour. Je pense et j'espère que je serai moins dans le doute. Ma soeur Hermance m'a envoyé un ensemble de bons plans, et m'a investi d'une mission. Je vais peut-être enfin savoir pourquoi je suis à Londres...